Au 1er août 2025, la grille tarifaire Tempo évolue dans deux directions contraires. L’abonnement annuel augmente d’environ +11,7 %, tandis que les tarifs au kWh reculent légèrement sur la plupart des plages. Pour un compteur de 9 kVA, cela se traduit concrètement par un abonnement qui passe de 209,40 € à 233,88 € par an, soit +24,48 € fixes supplémentaires quelle que soit la consommation. Du côté du kWh, les jours bleus et blancs gagnent jusqu’à -4,3 % sur certaines plages, et le tarif des heures pleines en jour rouge recule de -1,8 %.
Le problème de ce double mouvement : la baisse sur le kWh ne profite qu’aux abonnés qui consomment suffisamment sur les plages concernées. La hausse de l’abonnement, elle, frappe tout le monde au premier centime.
La hausse de l’abonnement : une charge que personne n’évite
L’abonnement est la part fixe de la facture Tempo. Il est dû chaque année, indépendamment du nombre de kilowattheures consommés, du comportement face aux jours rouges ou du soin apporté à déplacer les usages. C’est ce qui rend la hausse de +11,7 % particulièrement significative dans cette révision tarifaire.
Pour le compteur 9 kVA, le calcul est direct : 233,88 € – 209,40 € = +24,48 € par an de surcoût fixe. Cette valeur est vérifiée pour cette puissance ; les autres puissances suivent la même tendance de +11,7 %, mais leurs montants absolus varient selon la base propre à chaque niveau de kVA souscrit.
Ce surcoût fixe devient le premier repère pour évaluer l’impact net de la nouvelle grille : c’est le plancher que les baisses sur le kWh doivent au minimum compenser pour que la facture totale reste stable.
La baisse du kWh sur les jours bleus et blancs : une compensation conditionnelle
Les baisses enregistrées sur les plages bleues et blanches vont jusqu’à -4,3 % sur certaines d’entre elles. C’est réel, mais l’économie générée dépend entièrement du volume consommé sur ces plages.
Le mécanisme est simple : pour chaque kilowattheure consommé en jour bleu ou blanc, l’abonné paie désormais un peu moins qu’avant. Mais l’économie unitaire est faible – de l’ordre de quelques fractions de centime par kWh selon la plage concernée (les valeurs absolues par plage ne sont pas disponibles dans les données actuelles). Pour que l’économie cumulée sur le kWh atteigne 24,48 €, il faut donc un volume de consommation élevé sur ces jours.
Le profil qui absorbe le mieux la hausse de l’abonnement est celui d’un gros consommateur qui concentre ses usages sur les jours bleus et blancs : lave-linge, lave-vaisselle, chauffe-eau, recharge électrique, tous déplacés sur les plages les moins chères. Plus le volume est élevé sur ces plages, plus la baisse unitaire du kWh génère une économie capable de compenser – au moins partiellement – le surcoût fixe.
À l’inverse, un abonné qui consomme peu ou de façon homogène, sans concentrer ses usages sur les plages avantageuses, bénéficiera de baisses kWh trop faibles pour absorber les +24,48 €. Sa facture augmente, mécaniquement.
Les jours rouges : une légère détente, mais l’équation ne change pas
Le tarif des heures pleines en jour rouge recule de -1,8 %. La baisse existe, mais elle est anecdotique face au niveau absolu de ce tarif, qui reste le plus élevé de toute la grille Tempo par une marge très significative.
Cela ne modifie pas la logique fondamentale de l’offre : effacer sa consommation lors des jours rouges reste le principal levier d’économie sur Tempo. Un abonné qui maintient ses usages habituels pendant les heures pleines rouges paie un tarif prohibitif, et la baisse de -1,8 % ne change pas la donne de façon perceptible sur la facture. La vigilance sur ces jours – couper le chauffage, éviter les gros appareils, décaler les cycles – reste aussi nécessaire qu’avant le 1er août 2025.
Deux profils aux bilans opposés
Le gros consommateur qui optimise ses plages bleues et blanches – résidence principale chauffée à l’électricité, véhicule rechargé la nuit, usages déplacés en heures creuses des jours bleus – est le profil qui tire le meilleur parti de la nouvelle grille. Les baisses kWh s’accumulent sur un grand nombre de kilowattheures et peuvent couvrir une partie significative, voire la totalité, du surcoût de l’abonnement. Son bilan net peut rester neutre ou légèrement favorable selon les volumes.
À l’opposé, l’abonné faible consommateur – résidence secondaire, logement peu chauffé à l’électricité, usage occasionnel – se retrouve dans la situation la plus défavorable. L’abonnement représente une part élevée de sa facture totale, et les baisses sur le kWh ne génèrent que des économies marginales faute de volume. Pour ce profil, la hausse de +24,48 € sur un 9 kVA peut remettre en question la pertinence de l’offre Tempo face à une tarification de base.
Un cas intermédiaire mérite attention : l’abonné qui avait déjà effacé quasi totalement sa consommation lors des jours rouges. Celui-ci ne peut plus gagner davantage sur cette dimension ; il profite des baisses kWh sur bleu et blanc, mais subit la hausse de l’abonnement sans levier supplémentaire pour la compenser. Son bilan dépend uniquement de son volume de consommation sur les plages avantageuses.
La puissance souscrite du compteur joue également : le montant absolu de l’abonnement – et donc le surcoût en euros – varie d’un palier de kVA à l’autre. Un compteur de plus forte puissance part d’une base d’abonnement plus élevée, ce qui amplifie le montant du surcoût annuel, même si le taux de hausse reste similaire.
Deux questions suffisent à trancher votre cas personnel : quelle est votre consommation annuelle réelle sur les jours bleus et blancs, et tenez-vous effectivement vos jours rouges ? Si votre consommation sur jours bleus et blancs est élevée et concentrée sur les bonnes plages, la nouvelle grille peut rester neutre ou légèrement favorable. Si votre consommation est faible ou dispersée, la hausse de l’abonnement domine et votre facture augmente. Vérifiez ces deux points sur votre historique de consommation – accessible depuis votre espace client EDF ou via votre compteur Linky – avant de tirer une conclusion sur l’opportunité de rester en Tempo ou d’envisager une alternative.