Deux études publiées le même jour, des projections qui convergent
Le lundi 21 septembre 2026, deux cabinets spécialisés dans l’analyse du marché de l’assurance ont publié simultanément leurs prévisions tarifaires pour l’année 2027. D’un côté, Facts & Figures, cabinet de conseil historiquement ancré dans le secteur de l’assurance et de la bancassurance, dont les travaux sont régulièrement cités par les directions techniques des compagnies. De l’autre, Addactis, société d’actuariat et de conseil dont les modélisations servent de référence auprès des équipes de tarification et des réassureurs.
Leurs chiffres ne sont pas identiques, mais pointent dans la même direction : les cotisations d’assurance habitation et automobile vont à nouveau augmenter l’an prochain. Les fourchettes divergent légèrement selon les hypothèses de chaque cabinet, sans pour autant se contredire sur le fond. C’est précisément cette convergence qui retient l’attention du secteur.
Habitation : entre 5 % et 7 % selon les hypothèses retenues
Sur l’assurance multirisque habitation, Facts & Figures anticipe une hausse comprise entre 5 % et 6 % pour 2027. Addactis se montre légèrement plus pessimiste, avec une projection d’environ 7 %. Traduit en montants, cela représente entre 20 et 25 euros HT supplémentaires par contrat et par an — une fourchette qui correspond à un contrat habitation standard, pas au haut de gamme.
L’écart entre les deux cabinets tient essentiellement à leurs hypothèses de travail. Facts & Figures s’appuie sur une sinistralité projetée en hausse modérée, avec une inflation des matériaux de construction qui se stabilise progressivement. Addactis intègre des scénarios climatiques plus contraignants et une réévaluation plus sévère des coûts de reconstruction, ce qui fait mécaniquement monter l’estimation. Les deux méthodologies sont défendables ; elles reflètent surtout l’incertitude réelle qui pèse sur les hypothèses sous-jacentes.
Ces projections interviennent après plusieurs années de hausses consécutives sur ce segment. Les sinistres liés aux dégradations structurelles des logements, dont certains touchent directement les garanties dommages, font partie des postes dont le coût de traitement a progressé plus vite que l’inflation générale.
Auto : 3 % à 4 % de hausse, un rythme plus modéré mais continu
Du côté de l’assurance automobile, Facts & Figures prévoit une progression tarifaire de 3 % à 4 % pour 2027. La donnée correspondante d’Addactis sur ce segment n’était pas disponible dans les éléments publiés le 21 septembre, ce qui ne permet pas d’établir une comparaison directe entre les deux cabinets sur ce marché.
Cette hausse s’inscrit dans une trajectoire déjà engagée depuis plusieurs exercices. Les revalorisations successives enregistrées entre 2022 et 2026 ont été alimentées par la flambée du coût des pièces détachées, les délais d’approvisionnement allongés et la progression des tarifs horaires en carrosserie. Le rythme prévu pour 2027 marque une légère décélération par rapport aux pics observés, sans inverser la tendance.
Pour les assurés qui cumulent plusieurs véhicules ou qui assurent un usage professionnel, l’impact s’applique contrat par contrat. Les chauffeurs exerçant une activité de transport de personnes à titre onéreux sont exposés à une double pression tarifaire, leur profil de risque étant soumis à des mécanismes de tarification distincts.
Ce qui tire les tarifs vers le haut
Les deux études identifient plusieurs facteurs structurels qui expliquent ces hausses, sans que l’un ou l’autre puisse être isolé comme cause unique.
- Le coût des réparations : en automobile comme en habitation, la main-d’œuvre spécialisée et les matériaux ont vu leurs tarifs progresser bien au-delà de l’inflation générale depuis 2021.
- L’inflation sur les matériaux de construction : la reconstruction après sinistre habitation coûte sensiblement plus cher qu’il y a trois ans, ce qui renchérit mécaniquement le coût moyen des dossiers.
- La fréquence et l’intensité des événements climatiques : sécheresses, grêles, inondations localisées — les assureurs enregistrent une sinistralité climatique en hausse sur les derniers exercices, et les deux cabinets l’intègrent explicitement dans leurs modèles.
- La pression de la réassurance : les réassureurs, qui couvrent les assureurs eux-mêmes contre les sinistres majeurs, ont réévalué leurs tarifs à la hausse. Cette charge se répercute en cascade sur les primes des assurés finaux.
Ces facteurs ne sont pas nouveaux, mais leur combinaison simultanée crée une pression difficilement absorbable par les marges des compagnies sans répercussion tarifaire.
Ce que ça change concrètement pour les assurés
Sur un contrat habitation moyen, la hausse se traduit par 20 à 25 euros HT supplémentaires par an, selon les projections d’Addactis. En automobile, le chiffre dépend du profil de l’assuré, du type de véhicule et de la couverture souscrite, mais une hausse de 3 à 4 % sur une prime annuelle de 600 euros représente entre 18 et 24 euros de plus.
Ces ajustements interviennent à l’échéance annuelle du contrat, accompagnés d’un préavis qui doit légalement laisser à l’assuré un délai suffisant pour réagir. La loi Châtel encadre précisément ce délai de préavis : si la compagnie ne respecte pas les règles de notification, l’assuré conserve la possibilité de résilier à tout moment sans pénalité.
Les marges de manœuvre réelles sont les suivantes :
- La résiliation à l’échéance, ou hors échéance si le contrat a plus d’un an (loi Hamon pour l’habitation, Chatel pour l’auto).
- La comparaison des offres concurrentes : une prime qui augmente de 5 % chez l’assureur actuel peut rester compétitive, ou non, selon ce que proposent d’autres compagnies sur un profil équivalent.
- La révision des garanties : certains contrats intègrent des options souscrites par défaut dont la pertinence mérite d’être vérifiée au moment de la reconduction.
Les avis d’échéance reçus en fin d’année 2026 et début 2027 seront le premier signal concret de ces hausses pour les assurés. Le montant inscrit en gras sur l’avis sera, dans bien des cas, supérieur à celui de l’année précédente — et les études publiées le 21 septembre donnent maintenant une idée précise de l’ampleur à anticiper.